On m’avait dit « tu verras, il ne sait rien faire ».

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Dans la catégorie Brèves de classe, j’aimerais raconter des petits instants de classe, sans volonté pédagogique, juste l’histoire d’un moment qui m’a plu, touché, questionné… Les prénoms sont modifiés.

Il y a 2 ans, je suis arrivée dans cette école, où l’on m’a briefé très rapidement sur un élève « Léo n’y arrive pas. Sa dyslexie, sa dysorthographie et ses troubles de la concentration l’handicapent trop pour réussir. ». Ses parents n’avaient jamais entendu de paroles valorisantes sur leur enfant de la part de l’école. Il était complètement démotivé par le travail.

Son meilleur ami Raphaël faisait parti des « têtes de classe ». Tout travail scolaire était réalisé rapidement et sans difficulté. Par ailleurs, c’était un lecteur et un écrivain très aguerri.

Un jour, nous nous lançons sur la création d’une carte mentale en littérature. Les enfants devaient lire un roman parmi un choix de cinq livres. Ils se répartissaient ensuite avec ceux qui avaient choisi le même et commencèrent à créer leur carte mentale.

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Léo et Raphaël se retrouvèrent dans la même équipe avec trois autres élèves. Raphaël qui n’avait jamais de problème pour rendre un travail bien fait, se retrouvait en grande difficulté. Il n’aimait pas travailler avec d’autres car ils les considéraient trop lents et n’arrivaient pas à comprendre ce qu’ils pouvaient lui apporter.  Il se mettait souvent en colère. Cela faisait perdre du temps et demandait beaucoup de patience à ses camarades. Coopérer était nouveau pour lui, c’était à apprendre.

Léo quant à lui s’est révélé dans la gestion d’une équipe, dans sa capacité à faire travailler les uns avec les autres. Je me rendais d’ailleurs compte assez vite qu’il était le seul dans la classe, de part ses liens d’amitié sûrement, à être capable de dire à Raphaël quand il était pénible pour l’équipe et de le faire travailler avec d’autres, de lui montrer l’intérêt de cette démarche. Il savait être bienveillant et ferme quand c’était nécessaire pour que l’équipe se recentre, sans même que je lui ai appris à le faire. Par ailleurs, dans ce travail de littérature, il était d’une grande aide pour d’autres car il avait développé un vocabulaire d’une très grande richesse. Sûrement pour deux raisons, de nombreux voyages et activités culturelles proposés par ses parents et une mémoire auditive conséquente, peut-être développée pour parer à ses difficultés face à l’écrit.

Ce jour-là, tout a basculé. Il a compris qu’il n’était pas « mauvais », qu’il avait de grandes possibilités. Il a gagné en confiance en lui. Il s’est rendu compte que sa façon d’apprendre était différente oui et elle lui conférait des capacités pour lesquelles les autres élèves devaient encore beaucoup travailler.

Il s’est mis au travail, il a progressé à grande vitesse. Il a osé se lancer dans des activités plus complexes, quitte à faire des erreurs pour avancer, parce-qu’il savait qu’il était capable.

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